À 40 ans, Guillermo Guiz, de son vrai nom Guy Verstraeten, a décidé de tout changer. Dans son spectacle « J’ai changé de vie », l’humoriste belge revisite avec autodérision et profondeur les tournants de son existence : l’arrêt de l’alcool, la mise en couple, et surtout, cette quête permanente de sens dans un monde en pleine mutation. Ce n’est pas seulement un one-man-show, c’est une introspection hilarante et touchante sur ce que signifie grandir, se remettre en question, et oser se réinventer.
Né à Bruxelles dans un quartier populaire, Guillermo Guiz a connu une jeunesse marquée par le football, les rêves de gloire, puis les désillusions. Après des échecs sportifs et professionnels, il se tourne vers le stand-up, trouvant dans l’humour un exutoire et une manière de parler de l’universel à travers le personnel. Son spectacle « J’ai changé de vie » est le reflet de cette évolution : il y aborde sans tabou ses failles, ses doutes, et cette volonté de transmettre quelque chose de mieux à une éventuelle future génération. « À 40 ans, on n’est plus en gueule de bois, on est en rééducation », lance-t-il avec ce ton décalé qui le caractérise.
Ce qui frappe dans son approche, c’est la sincérité. Guillermo Guiz ne cherche pas à choquer, mais à partager. Il parle de la masculinité, de la difficulté de se construire quand on porte le poids d’un héritage familial lourd, ou simplement celui de ses propres erreurs. Son humour, à la fois potache et subtil, permet d’aborder des sujets graves avec légèreté, sans jamais tomber dans le pathos. « J’ai voulu raconter mes failles, ma médiocrité le plus sincèrement possible », confie-t-il, soulignant que le rire est souvent la meilleure façon de désamorcer les tensions et de se regarder en face.
Le spectacle est aussi une réflexion sur le succès et son absurdité. Devenu une figure du stand-up francophone, Guillermo Guiz interroge : que reste-t-il de nos idéaux quand on passe du statut de transfuge de classe à celui d’artiste reconnu ? Entre autodérision et lucidité, il explore cette tension entre l’envie de rester fidèle à soi-même et la nécessité de s’adapter à un nouveau monde. « Au début, je voulais faire rire pour remplir un vide existentiel, maintenant c’est pour financer mes nouveaux Velux », avoue-t-il avec ironie.
« J’ai changé de vie » est donc bien plus qu’un spectacle : c’est une invitation à accepter nos contradictions, à rire de nos échecs, et à voir dans chaque changement une opportunité de grandir. Guillermo Guiz, avec son style unique, prouve que l’humour peut être à la fois un miroir et une fenêtre ouverte sur nos propres possibilités de transformation.