Attal : 2027, c’est beau mais c’est loin : Bertrand Chameroy

Attal 2027 : Le rêve, la distance et le café qui refroidit

Gabriel Attal, 34 ans, a le sourire du candidat qui sait déjà qu’il aura droit à un portrait flatteur dans Paris Match avant même d’avoir annoncé quoi que ce soit. 2027, c’est beau, comme un horizon de carte postale : on voit la mer, les palmiers, mais il faut encore traverser deux ans de réunions en visio, de meetings en province où on vous sert du jus de pomme tiède en vous appelant « mon général ».

Mais c’est loin. Très loin. À l’échelle politique, deux ans, c’est l’équivalent d’une vie de hamster. Entre maintenant et la présidentielle, Attal devra survivre aux pièges tendus par ses propres alliés – ces mêmes gens qui, hier encore, lui tapotaient l’épaule en murmurant « Tu as l’avenir devant toi » (traduction : « On te laisse crever en silence »). Sans compter les oppositions, qui, elles, ont déjà sortis leurs calculatrices : « 2027 moins 2026, ça fait… une année de plus pour nous moquer de lui. »

Bertrand Chameroy, lui, aurait sans doute résumé ça en un billet cinglant : « Attal, c’est le type qui vous promet un voyage à Bali alors qu’il n’a même pas encore fini de payer son abonnement SNCF. » Et il aurait raison. Parce que, entre nous, l’ambition, c’est comme un bon vin : ça se laisse décanter. Sauf que là, on est encore au stade du jus de raisin fermentescible.

Alors, Gabriel Attal président ? Pourquoi pas. Après tout, la France a déjà élu un jeune premier (Macron, 39 ans en 2017), un vieux briscard (Mitterrand, 64 ans en 1981), et même un type qui parlait aux arbres (Chirac, on vous voit). Mais Attal, lui, a un atout : il a l’air de savoir où il va. Ce qui, à l’ère du GPS qui bugue et des ministères qui tournent en rond, est déjà un exploit.

Reste une question : et si, entre-temps, on s’ennuyait ? Parce que 2027, c’est aussi deux ans de « Attal monte, Attal descend », de « Attal trop jeune, Attal trop vieux » (oui, les médias vont trouver un moyen), et de « Attal a dit ça en 2024, mais en 2025 il a dit le contraire ». Bref, deux ans de Closer politique.

Alors, 2027, c’est beau : ça brille, ça fait rêver, ça donne l’impression que la politique peut encore être autre chose qu’un catalogue de promesses en soldes. Mais c’est loin : assez pour que, d’ici là, on ait le temps de se lasser, de changer d’avis, ou de découvrir que le vrai sauveur de la France, c’est finalemement le guy de la boulangerie qui fait des baguettes à 0,90 €.

En attendant, on peut toujours se consoler avec une certitude : quand Attal arrivera enfin, Bertrand Chameroy aura déjà écrit trois billets hilarants sur le sujet.

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