Il y a des rêves qui dorment sagement dans un coin de la tête… et il y a ceux d’Arnaud Cosson, qui foncent tête la première dans le mur du ridicule et quel mur, mesdames et messieurs ! Dans ce sketch culte, le grand Breton dégingandé nous présente un personnage obsédé par une idée fixe aussi loufoque qu’irrésistible : entrer dans le livre Guinness des records. Pas le record du plus grand nombre de pizzas englouties ni celui du plus long marathon dansant… non, notre héros vise bien plus haut. Ou bien plus bas, c’est selon.
Diffusé dans le cadre de l’émission On n’demande qu’à en rire de Laurent Ruquier sur France 2, ce passage sur le 18ème de Cosson dans l’émission, daté du 8 novembre 2011 c’est une petite pépite d’absurde. Et pour ne rien gâcher, il n’est pas seul sur scène : Arnaud Tsamère et Jérémy Ferrari l’accompagnent, formant un trio qui cogne dans tous les sens. Trois humoristes au sommet de leur art du décalage, ça fait des étincelles, et le public le savoure à grandes gorgées : le sketch décroche un honorable 86 points. Pas de quoi battre un record olympique… mais c’est déjà pas mal pour un type qui rêve de Guinness, non ? L’ironie est belle et le clin d’œil savoureux.
Le génie de Cosson, c’est ce mélange explosif de naïveté et d’aplomb. Son personnage de bras cassé qui rate tout ce qu’il entreprend est sa signature depuis ses débuts : le braqueur amateur qui stress, le CRS en formation pas très fute-fute, le commercial en slip pendant un entretien d’embauche… Ici, l’ambition Guinness lui donne un terrain de jeu sans limites. Chaque tentative de record est plus barrée que la précédente, et le spectateur attend le grain de sable et la poisse légendaire du personnage avec un sourire qui s’élargit à mesure que le désastre approche. C’est du Cosson pur jus : de la dérision jamais méchante, des antihéros attachants, et ce rythme de galéjade bretonne qui file comme un carousel en pleine tempête.
Petit rappel pour les nouveaux : Arnaud Cosson, né à Saint-Malo, a cut ses dents de comique comme animateur dans les hôtels clubs avant de monter à Paris en 2004 avec son premier one-man-show, Mon pestacle, rebaptisé ensuite Tout est bon dans le Cosson. Passage remarqué dans Pliés en 4 auprès de Cyril Hanouna, duo délirant avec Cyril Ledoublée, et surtout ces passages mémorables dans On n’demande qu’à en rire qui l’ont fait connaître du grand public. Un CV qui pèse, mais un garçon qui reste simple comme un bon blague de comptoir.
Alors, entrera-t-il un jour dans le fameux livre des records ? Franchement, on s’en moque un peu : ce sketch, lui, est déjà entré dans la catégorie « souvenirs d’humour à revoir en boucle ». Réservez dix minutes, montez le son, et laissez-vous porter par cette ambition démesurée qui vaut tous les trophées du monde.
Et vous, quel record ridicule tenteriez-vous de battre ? Dites-nous tout en commentaire, on ne mord pas !