Ce mardi 21 avril 2026, la cour d’assises des mineurs des Pyrénées-Atlantiques entame à Pau le procès de l’adolescent accusé d’avoir assassiné Agnès Lassalle, professeure d’espagnol de 53 ans, le 22 février 2023 dans son lycée de Saint-Jean-de-Luz. Ce procès, qui se tiendra à huis clos pendant quatre jours, promet d’être l’un des plus suivis de l’année, tant le crime a marqué les esprits et ému toute la communauté éducative française.
Ce jour-là, à 9h45, alors que le cours touchait à sa fin, l’élève, alors âgé de 16 ans, s’est soudain levé, a verrouillé la porte de la salle de classe, puis s’est approché d’Agnès Lassalle, un couteau de cuisine de 18 cm à la main. D’un coup sec, il a poignardé sa professeure, provoquant sa mort quasi instantanée. Les témoins, sous le choc, ont pris la fuite, laissant derrière eux une scène de crime aussi brutale qu’incompréhensible.
Un profil troublant et des questions sur le discernement
L’accusé, aujourd’hui âgé de 19 ans, présente un profil complexe. Décrit comme un adolescent « anxieux », il affirme avoir subi du harcèlement scolaire et était suivi par un psychiatre depuis quatre ans. Après une tentative de suicide en novembre 2022, il preait un traitement antidépresseur. Les difficultés scolaires, notamment en espagnol – matière enseignée par Agnès Lassalle – et la composition majoritairement hispanophone de sa classe ont été évoquées comme des éléments de contexte. Mais c’est surtout la question de son discernement au moment des faits qui sera au cœur des débats. Lors des premières auditions, il a expliqué son geste par une « petite voix » qui l’aurait incité à « faire le mal ».
Une communauté éducative en deuil
La mort d’Agnès Lassalle avait suscité une vague d’émotion dans tout le pays. Une minute de silence avait été observée dans les établissements scolaires, rappelant le choc encore vif de l’assassinat de Samuel Paty en 2020. Stéphane Voirin, compagnon de la victime, avait marqué les esprits en dansant devant son cercueil lors des obsèques, un hommage poignant qui avait ému la France entière. À la veille du procès, il a confié être « serein et impatient », espérant que ces quatre jours d’audience permettront de « rendre justice » à celle qu’il aimait. « La première des victimes, c’est Agnès Lassalle, une professeure qui faisait excellemment son travail », a-t-il rappelér.
Un procès à huis clos, mais une attente nationale
Le procès se déroulera à huis clos, une décision qui a déçu certains proches, comme Stéphane Voirin, qui aurait souhaité plus de transparence. Pourtant, l’enjeu est de taille : la cour devra trancher sur la responsabilité pénale de l’accusé, et surtout sur son éventuelle altération du discernement. Pour beaucoup, ce procès est aussi l’occasion de rendre hommage à une enseignante engagée, et de rappeler l’importance de la protection des professionnels de l’éducation.
Alors que les débats commencent aujourd’hui, toute la France retient son souffle, espérant que la lumière sera enfin faite sur ce drame absurde, et que justice sera rendue à Agnès Lassalle.