Nicolas Dupont-Aignan, président de Debout la France et candidat à l’élection présidentielle de 2027, réaffirme avec force sa vision d’une Europe repensée. Lors d’une intervention sur CNEWS ce 22 avril 2026, il a martelé : « Il faut revenir à une Europe intergouvernementale dans laquelle chaque nation se gère à sa façon ». Cette prise de position s’inscrit dans la continuité de ses propositions pour une Europe des nations libres, où la coopération se ferait « thème par thème », en redonnant aux États le contrôle des frontières, du budget et des grandes orientations politiques.
Pour Dupont-Aignan, l’Union européenne actuelle, qu’il qualifie de « suicide pour l’Europe », a perdu de vue l’essentiel : la souveraineté des peuples. Il dénonce un système où des normes sont imposées par des instances non élues, où les gouvernements nationaux se soumettent à des décisions technocratiques, et où la France, notamment, paie pour des structures qui lui sont défavorables. Selon lui, cette Europe-là étouffe la démocratie et affaiblit les nations face aux géants que sont les États-Unis ou la Chine.
Son projet ? Une Europe intergouvernementale, c’est-à-dire une coopération renforcée entre États souverains, sans transfert de compétences à une bureaucratie supranationale. Cette vision rejoint celle d’une Europe confédérale, où les pays partageant des valeurs communes pourraient mener des projets concrets dans les domaines scientifique, humanitaire ou technologique, sans renoncer à leur indépendance. Dupont-Aignan va plus loin en proposant, si nécessaire, une « sortie organisée de l’Union européenne » pour reconstruire une alliance plus respectueuse des identités nationales.
L’argument central de Dupont-Aignan repose sur l’idée que les rapports de force géopolitiques dépendent avant tout des nations. Une Europe à 28, selon lui, est impuissante et inefficace. Il préfère une version intergouvernementale, où chaque pays garderait la maîtrise de son destin, tout en collaborant avec ses partenaires sur des objectifs précis et limités.
Cette position s’oppose radicalement à celle des fédéralistes, qui prônent une intégration toujours plus poussée. Pour Dupont-Aignan, la priorité est de restaurer la liberté de décision de la France, condition selon lui d’une véritable renaissance européenne. Son discours résonne particulièrement dans un contexte de défiance croissante envers les institutions européennes, perçues comme éloignées des citoyens.
En conclusion, Nicolas Dupont-Aignan défend une Europe des nations, où la coopération ne se ferait plus au détriment de la souveraineté. Son projet, s’il séduit une partie de l’électorat soucieux de préserver l’identité française, interroge aussi sur la faisabilité d’une telle refonte, dans un continent où les intérêts divergent et où les traités européens sont profondément ancrés.