IA : LA FIN DE L EMPLOI ? (MAIS PAS DES PROFITS POUR LES PATRONS)

On nous vend l’intelligence artificielle comme une révolution technologique, une aubaine pour l’humanité, un bond en avant comparable à l’invention de l’imprimerie ou de l’électricité. Pourtant, derrière les promesses de gain de productivité et de « libération du temps de travail », se cache une réalité bien moins reluisante : l’IA est en train de devenir la machine à broyer les emplois… tout en dopant les profits des actionnaires.

Prenez l’exemple des centres d’appels. Hier encore, des milliers de salariés passaient leurs journées à répondre à des clients mécontents, souvent pour un SMIC. Aujourd’hui, des chatbots comme ceux de Bank of America ou Orange gèrent jusqu’à 80 % des demandes courantes. Résultat ? Des licenciements massifs, mais aussi des économies colossales : selon une étude de McKinsey, l’automatisation pourrait supprimer 30 % des emplois administratifs d’ici 2030. Et devinez qui empoche la différence ? Les actionnaires, bien sûr. Les dividendes de Microsoft, pionnier de l’IA générative, ont bondi de 15 % en 2025, alors que la société a annoncé le remplacement de 10 000 postes par des outils automatisés.

Mais ce n’est pas tout. L’IA ne se contente pas de remplacer les humains : elle les dévalorise. Les plateformes comme Upwork ou Fiverr regorgent désormais de freelances prêts à travailler pour une misère, concurrencés par des algorithmes capables de produire du texte, du code ou du design en quelques secondes. Un graphiste qui facturait 500 € un logo se retrouve à devoir justifier son tarif face à un client qui lui rétorque : « MidJourney le fait en 10 secondes pour 10 €. » La course vers le bas est lancée, et ce sont les travailleurs, pas les patrons, qui en paient le prix.

Pire encore, l’IA sert de paratonnerre social. Quand une entreprise licencie, elle invoque la « transformation numérique » comme une fatalité, une force contre laquelle on ne peut rien. Pourtant, les GAFAM et autres géants de la tech accumulent des bénéfices records. Nvidia, dont les puces alimentent l’IA, a vu son chiffre d’affaires exploser de 265 % en 2024, tandis que ses employés subissent des pressions toujours plus fortes pour « faire plus avec moins ». La productivité explose, mais les salaires, eux, stagnent.

Alors, l’IA est-elle vraiment inévitable ? Non. Ce qui est inévitable, en revanche, c’est que sans régulation forte, elle deviendra un outil de spoliation massive. Les patrons, eux, ont déjà choisi leur camp : celui des profits, pas celui des gens. À nous de leur rappeler que le progrès technologique ne doit pas rimer avec régression sociale.

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