La question fait grincer des dents, mais elle mérite d’être posée : Pascal Praud, figure médiatique incontournable de CNews, est-il un relais pour des idées racistes ? Akim Omirí, essayiste et spécialiste des questions de race et de société, n’a pas hésité à trancher. Dans un débat récent, il a pointé du doigt les dérives d’un discours qui, sous couvert de « libre parole », normaliserait des propos xénophobes et essentialistes.
Le contexte : CNews, une chaîne sous le feu des critiques
Depuis plusieurs années, CNews est régulièrement accusée de donner la parole à des personnalités controversées, dont les propos frôlent — voire franchissent — la ligne rouge du racisme. Pascal Praud, animateur phare de la chaîne, est souvent au cœur de la polémique. Entre invitations de polémiques comme Éric Zemmour ou Alain Finkielkraut, et des séquences où l’immigration est systématiquement associée à l’insécurité, la chaîne a construit une réputation de caisse de résonance pour les thèses d’extrême droite.
Akim Omirí, auteur de « La Fabrique du crétin digital » et « Peau noire, masques blancs », ne mâche pas ses mots. Pour lui, le problème n’est pas tant les invités que le cadre lui-même : « Quand vous donnez une tribune à des gens qui défendent l’idée d’un ‘grand remplacement’, sans jamais les contredire, vous participez à la banalisation de ces idées. » Une critique qui vise directement Pascal Praud, dont le rôle d’animateur est souvent perçu comme celui d’un modérateur complaisant.
Le rôle de Pascal Praud : neutre ou complice ?
Praud se défend en invoquant la liberté d’expression et le droit au débat. « Je ne suis pas d’accord avec tout ce qui est dit sur mon plateau, mais je crois en la confrontation des idées », déclare-t-il régulièrement. Pourtant, ses détracteurs lui reprochent de ne jamais recadrer les propos les plus extrêmes. Quand un invité affirme que « l’islam est incompatible avec la République », ou que « les Noirs ont une culture de la violence », Praud hoche la tête, sourit, ou lance un « C’est un débat » qui sonne comme une validation.
Akim Omirí y voit une stratégie délibérée : « Le racisme ne se dit plus frontalement, il se glisse dans des sous-entendus, des ‘questions’ qui sont en réalité des affirmations. Et Praud, en ne réagissant pas, devient un acteur de cette normalisation. » Une analyse qui rejoint celle de nombreux observateurs des médias, comme le sociologue Pierre Bourdieu, qui parlait déjà dans les années 1990 de la violence symbolique exercée par les médias dominants.
Et maintenant ? Le débat est ouvert
La question n’est pas de savoir si Pascal Praud est lui-même raciste — ce serait une accusation grave et difficile à prouver. Le vrai enjeu, c’est son rôle dans la diffusion d’idées racistes. En donnant une légitimité à des discours qui, il y a encore 20 ans, auraient été cantonnés à l’extrême droite, il contribue à déplacer les lignes du acceptable.
Akim Omirí, lui, appelle à la vigilance : « Le racisme ne disparaît pas, il mute. Et aujourd’hui, il a trouvé dans des émissions comme celle de Praud un terrain fertile. » À nous, spectateurs et citoyens, de ne pas laisser passer ces dérives sous silence.