Le baccalauréat : La chronique de Pierre-Emmanuel Barré

Chers lycéens, chers parents en sueur, chers professeurs au bord de la crise de nerfs, nous y voilà : le baccalauréat est de retour. Ce rituel sacré, ce passage obligé, cette épreuve qui, depuis Napoléon, nous rappelle que la France aime bien faire souffrir ses jeunes pour le plaisir. Mais au fond, le bac, c’est un peu comme un épisode de Koh-Lanta : on stresse, on révise, on pleure, et à la fin, tout le monde est content… sauf ceux qui ont eu 9,9 et qui doivent passer l’oral de rattrapage.

Le bac, c’est d’abord une question de stratégie. Il ne s’agit pas de savoir si vous maîtrisez la philosophie de Schopenhauer ou les équations différentielles, mais bien de savoir comment plaire au correcteur. Un bon candidat, c’est quelqu’un qui sait que, même si sa dissertation sur « Peut-on être heureux sans être libre ? » est un peu légère, il faut absolument glisser une citation de Sartre ou de Camus pour faire genre. Et surtout, il faut écrire gros. Très gros. Comme si le correcteur avait 50 ans et des lunettes de presbyte.

Puis il y a les épreuves orales. Ah, l’oral… Ce moment où l’on vous demande de parler pendant 20 minutes sur un texte que vous avez à peine lu, devant un jury qui a l’air de regretter d’être né. Le secret ? Faire semblant de maîtriser son sujet. Si vous parlez avec assez de conviction, personne ne remarquera que vous êtes en train d’inventer la moitié de ce que vous dites. Et si jamais le jury vous pose une question piège, une petite phrase du style « C’est une question très intéressante, je vais y réfléchir » peut vous sauver la mise. (Spoiler : vous n’y réfléchirez jamais.)

Et n’oublions pas les parents. Eux, ils vivent le bac comme si c’était leur propre examen. « Tu as révisé ? Tu es sûr ? Tu veux que je te fasse des fiches ? » Non, maman, je ne veux pas que tu me fasses des fiches. Je veux que tu me laisses tranquille avec mes memes et mes séries Netflix. Mais bon, on les comprend : le bac, c’est le dernier moment où ils peuvent se dire que leur enfant est encore un peu le leur, avant qu’il ne parte en fac pour découvrir la vraie vie (et les pâtes à l’eau).

Alors, chers candidats, respirez. Le bac, c’est comme un mauvais film : ça semble interminable sur le moment, mais une fois que c’est fini, on se dit que ce n’était pas si terrible. Et puis, dans 10 ans, vous rigolerez en repensant à ce jour où vous avez écrit « La liberté, c’est comme un croissant : ça se prend avec les mains »… et où vous avez eu 14.

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