Les événements suivants se déroulent en temps réel. Sauf que là, il s’agit d’Arnaud Tsamère, donc autant vous prévenir tout de suite : le temps réel, il va falloir le mériter.
C’est officiel, mes chers délirophiles : Jack Bauer est de retour. Enfin, pas le vrai : le vrai, entre deux séances de torture et un sandwich avalé en 40 secondes, il n’a déjà plus le temps de respirer. Non, notre Jack à nous, c’est Arnaud Tsamère, et il revient plus déterminé que jamais. Enfin… « déterminé », c’est un grand mot. Disons qu’il a mis un blouson en cuir, et dans son univers, c’est déjà un engagement émotionnel considérable.
Une journée pas comme les autres
Le concept est simple et diabolique : et si Jack Bauer était français ? Vous savez, le type qui sauve les États-Unis huit fois par jour, qui ne dort jamais et qui dit « Damn it ! » toutes les quatre minutes ? Tsamère l’a croisé avec son propre univers absurde, et le résultat, c’est du grand n’importe quoi et c’est précisément pour ça qu’on adore.
Dans cette version tricolore, la cellule antiterroriste a été remplacée par une salle de répétition, les attentats déjoués par des digressions sur le cyclisme et les enfants de la Réunion, et la sacro-sainte minuterie en bas de l’écran par le temps de parole d’un humoriste qui a visiblement oublié où il voulait en venir. Spoiler : il s’en foutait probablement, et nous aussi.
Le fameux
Impossible de parler de Jack Bauer sans évoquer son cri de guerre. Chez Tsamère, le « Damn it ! » devient une forme d’art : crié, murmuré, psalmodié, parfois carrément chanté. Certains disent que si vous écoutez bien à 3 heures du matin, vous pouvez l’entendre grommeler dans le noir. D’autres disent surtout qu’il faut dormir. Les deux avis se valent.
Pourquoi ça marche ?
Parce que la parodie, c’est l’art de rire de ce qu’on aime. Et Dieu sait que 24 heures chrono s’y prêtait bien : les calembours temporels, les injonctions vocales incompréhensibles, la toupette indomptable de Kiefer Sutherland… Tout était déjà à moitié cartoon. Il ne manquait qu’un Français en survêtement pour faire basculer l’ensemble dans le délire complet. Mission accomplie.
Le vrai génie de Tsamère, c’est de jouer la peur, la tension et l’urgence avec le même entrain qu’un enfant qui déplie un papier en disant « regarde, c’est un avion ». Sauf que chez lui, l’avion détoure, digresse, et finit en quartier libre dans un débat sur les abeilles. C’est dit-on le comique de l’absurde. C’est surtout celui du bonheur.
Tic tac, tic tac
Alors oui, on pourrait râler : où est la bombe ? où est la taupe ? où est le président ? Réponse : on s’en fiche, on est trop occupés à rire. Jack Bauer sauve le monde en 24 heures. Tsamère, lui, vous fait passer 1h30 comme 24 secondes — et paradoxalement, c’est lui qui respecte le mieux le concept.
La prochaine fois que quelqu’un vous dit que la télé intelligente est morte, montrez-lui ça. Et si la personne ne rit pas, dites-lui simplement : « Damn it ! ». Elle comprendra. Ou pas. Peu importe : ici, chez nous, c’est le délire qui commande, et le délire, il est de très bonne humeur.