dark water : VF : horreur : film complet

Il y a des films d’horreur qui hurlent, et d’autres qui murmurent. Dark Water, réalisé par Walter Salles (2005), appartient à la seconde catégorie et c’est précisément ce qui glace le sang. Remake du culte japonais Honogurai mizu no soko kara de Hideo Nakata (2002), cette version américaine transpose l’épouvante à New York, et surtout, elle la fait couler dans les fissures du quotidien.

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L’histoire : une fuite qui raconte bien plus qu’une fuite

Dahlia Williams, incarnée par une Jennifer Connelly bouleversante, quitte un mariage toxique et s’installe avec sa fille Ceci dans un appartement de l’île de Roosevelt. Le loyer est modique, les murs sont tristes, et le plafond du salon suinte une tache brune qui grandit, obstinée, jour après jour. Une infiltration venant de l’appartement du dessus, vide depuis des années… en théorie.

Très vite, l’eau s’infiltre partout : dans la buanderie lugubre, dans les cheveux de Ceci, dans les rêves de Dahlia. Et l’enfant, elle, a une nouvelle amie imaginaire. Invisible. Qui vit juste au-dessus.

Pourquoi ça fonctionne si bien

Le génie de Dark Water, c’est de ne jamais choisir entre le film à parenthèse familiale et le film de fantôme. La détresse de Dahlia et une mère en pleine bataille de garde, harcelée par son ex-mari, au bord de la ruine est aussi terrifiante que la tache d’humidité. Quand le surnaturel surgit, on n’est jamais sûr de savoir ce qui relève du drame psychologique et ce qui relève de la malédiction. Cette ambiguïté devient le vrai monstre du film.

L’esthétique fait le reste : une photographie grise et pluvieuse en permanence, une bande-son sourde de gouttes et de rumeurs de canalisation, et un immeuble qui semble respirer comme un être malade. Salles filme la solitude urbaine avec une tristesse documentaire et la réalité crasseuse d’une mère seule devient l’antichambre du cauchemar.

Ce qu’il faut savoir avant de le voir
  • Réalisateur : Walter Salles (Central do Brasil, On the Road)
  • Acteurs : Jennifer Connelly, Ariel Gade, John C. Reilly, Tim Roth, Dougray Scott
  • Année : 2005
  • Durée : environ 1h45
  • Style : horreur atmosphérique, drame psychologique, slow burn et pas un slasher, plutôt une montée des eaux tranquille

Le casting secondaire est un régal : John C. Reilly en agent immobilier gouailleur et Tim Roth en avocat excentrique apportent une humanité loufoque qui évite au film de sombrer dans le glauque gratuit.

Verdict : 7,5 taches d’humidité sur 10

Dark Water ne fait pas sauter le spectateur de son canapé ; il l’imbibe lentement, comme une moquette oubliée. Sa fin, mélancolique et déchirante, laisse une empreinte durable et une de celles qu’on n’essuie pas. Si vous aimez l’horreur introspective à la The Others ou L’Orphelinat, foncez. Et après le générique, promis, vous regarderez vos taches au plafond d’un œil très, très méfiant.

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