Face au PDG de Mistral AI, les députés passent pour de véritables stagiaires
Il y a des auditions parlementaires qui ressemblent à des examens de fin d’année. Et puis, il y a celle d’Arthur Mensch, le PDG de Mistral AI, devant les députés français. Une séance où nos élus, armés de leurs questions soigneusement préparées (ou pas), ont offert un spectacle aussi édifiant qu’un stage de découverte en entreprise. Spoiler : ce n’est pas eux qui ont fait forte impression.
Imaginez la scène : une salle comble, des microphones tendus vers un jeune entrepreneur au sourire poli, et des députés qui, visiblement, viennent de découvrir que l’intelligence artificielle, ça existe. Certains semblaient même surpris d’apprendre que la France pouvait, elle aussi, produire autre chose que du fromage et des grèves. « Mais alors, votre IA, elle est vraiment française ? » — oui, député, comme le vin, mais en moins alcoolisé.
Arthur Mensch, lui, avait l’air de jouer les profs patients face à une classe de CM2 un peu dissipée. « Non, monsieur le député, on ne peut pas désactiver l’IA comme on éteint une lampe. Et non, elle ne va pas voler votre emploi… enfin, pas encore. » Les questions fusaient, tantôt naïves (« C’est quoi, un modèle de langage ? »), tantôt grandiloquentes (« Comment garantissez-vous la souveraineté numérique de la Nation ? »), mais rarement pertinentes. On se serait cru à un oral de philo, version bac L 2005.
Le clou du spectacle ? Quand un élu a demandé si Mistral AI pouvait « aider à rédiger des lois ». La réponse, implicite, était claire : « Oui, et visiblement, vous en auriez bien besoin. » Car entre les confusions sur le RGPD, les craintes apocalyptiques (« Et si l’IA décidait de nous dominer ? »), et les propositions farfelues (« Et si on créait une IA 100% bio ? »), on avait l’impression d’assister à un brainstorming de startup en 2012.
Pire : certains députés semblaient croire que parce qu’ils parlaient fort et utilisaient des mots compliqués (« algorithme, deep learning, souveraineté »), ils maîtrisaient le sujet. Or, répéter « IA » dix fois dans une phrase ne fait pas de vous un expert. C’est comme croire que dire « blockchain » en réunion vous donne automatiquement raison.
Alors, bien sûr, Arthur Mensch a joué le jeu. Avec pédagogie, il a expliqué que oui, l’IA pouvait révolutionner l’économie, que non, elle ne remplacerait pas (tout de suite) les humains, et que oui, la France avait une carte à jouer. Mais entre les questions hors-sujet et les monologues auto-satisfaits, on avait surtout envie de lui tendre un café. Ou un manuel de survie en milieu politique.
Enfin une audition où les députés ont prouvé qu’ils excellait dans un domaine : l’art de poser des questions qui donnent envie de se cacher sous la table. Arthur Mensch, lui, a gardé son calme… Preuve que l’IA n’a pas encore inventé le mode ‘facepalm automatique’. Dommage.
Et si on créait une IA 100% bio ? » – Quand la France innove en proposant des algorithmes à base de compost. Arthur, si tu lis ça : la prochaine fois, apporte un PowerPoint avec des dessins. Ou un colorier. Au choix.
La scène où un député demande si Mistral AI peut aider à rédiger des lois… C’est comme demander à un chef étoilé s’il peut réchauffer un plat surgelé. Spoiler : oui, mais ça va saigner.