Felicity, I love you : L’art d’aimer les choses simples
Il y a des matins où le monde semble se réveiller à l’envers. Le café est trop fort, le métro est en grève, et votre voisin du dessus a décidé de rénover son appartement à 7h du matin. Pourtant, au milieu de ce chaos ordonné, une mélodie traverse le bruit : Felicity, I love you. Pas la chanson, non — l’idée. L’idée que le bonheur, parfois, tient dans un détail si minuscule qu’on pourrait le rater si on ne prête pas attention.
François Morel, maître ès absurdités du quotidien, a ce talent : transformer une banale histoire d’amour en une ode à la poésie du réel. Felicity, c’est cette collègue de bureau qui vous sourit tous les lundis, ce chat qui ronronne sur vos genoux alors que vous ruminez sur vos impôts, ou cette madeleine (proustienne, bien sûr) qui vous rappelle que la vie, finalement, n’est pas si compliquée. Aimer Felicity, c’est aimer la vie dans ce qu’elle a de plus simple et de plus imprévisible.
Et puis, il y a cette ironie délicieuse : on passe notre temps à chercher le grand amour, la passion dévorante, le coup de foudre qui nous terrassera… alors que le vrai bonheur se cache souvent dans un I love you murmuré à une tasse de thé trop chaude, à un livre qui tombe à point nommé, ou à une pluie d’été qui lave les trottoirs de nos soucis. Morel, lui, le sait bien : l’humour est la meilleure façon de dire les choses sérieuses sans faire pleurer les gens. Alors il nous parle de Felicity avec un clin d’œil, comme on évoque une vieille blague entre amis.
Pourquoi Felicity ?
Parce que Felicity, c’est le prénom de la serveuse du café du coin qui connaît votre commande par cœur. C’est le nom de la plante verte que vous arrosez (quand vous y pensez). C’est cette émotion fugace quand, en rangeant un vieux cartable, vous tombez sur un mot doux écrit il y a vingt ans. Felicity, c’est l’amour des petites choses qui n’ont pas besoin d’être grandioses pour être essentielles.
Dans un monde qui nous pousse à toujours vouloir plus, plus vite, plus fort, François Morel nous rappelle que le bonheur est une question de rythme. Celui, lent et apaisé, d’une balade sans but, d’un rire partagé, ou d’un I love you lancé à la volée, comme on jette une pièce dans une fontaine. Pas besoin de crier son amour sur tous les toits. Parfois, un chuchotement suffit.
Alors oui, Felicity, I love you. Pas parce que tu es parfaite. Pas parce que tu vas changer ma vie. Mais parce que tu es là, tout simplement. Et que, sans toi, le paysage serait un peu moins coloré.
Et vous, quelle est votre Felicity ?