Imaginez la scène : un vestiaire de stade, l’ambiance électrique du coup d’envoi qui approche… et un attaquant qui, au lieu de chausser ses crampons, sort son fond de teint. Voilà le point de départ absurde que Jérémy Ferrari a transformé en sketch culte pour l’émission « On n’demande qu’à en rire », diffusée sur France 2. Un thème imposé : « un footballeur se maquille avant d’entrer sur le terrain » traité avec la verve et le second degré qu’on lui connaît.
C’était son 36ᵉ passage dans l’émission de Laurent Ruquier, une étape importante pour l’humoriste originaire de l’Aisne. À l’époque, Jérémy Ferrari est encore un jeune comique en pleine construction, mais son ton est déjà là : un humour noir, frontal, qui aime piquer là où ça fait mal : tout en restant, bien sûr, à ne jamais prendre au premier degré.
Un sketch nourri par l’actualité
Ce qui fait la force de cette intervention, c’est son ancrage dans le réel. En 2011, le football français traverse une crise mémorable : l’affaire des quotas à la Fédération française de football éclabousse le foot national et défraie la chronique. Ferrari s’en empare avec une malice redoutable, retournant la polémique en comédie : dans son vestiaire, on ne compte plus les joueurs selon leur origine, on les maquille pour changer… leurs couleurs. Le décalage est total, le message glisse sous le rire, et c’est exactement ce que l’humoriste fait de mieux : faire réfléchier sans jamais sermonner.
Pour ce passage, il est entouré de ses complices habituels : Lamine Lezghad, son partenaire de scène de l’époque, et le fameux Eric, le pompier de service devenu un personnage récurrent de ses sketchs. Le trio fonctionne à merveille, porté par une écriture ciselée et un rythme d’enfer.
L’unanimité du jury
Après quelques passages qui avaient fait débattre le jury, ce 36ᵉ numéro est une victoire : Laurent Ruquier, Jean Benguigui, Catherine Barma et Éric Métayer saluent unanimement la prestation. Le public, lui, ne s’y est pas trompé : le sketch reste aujourd’hui l’un des moments les plus partagés de Ferrari sur Internet, avec des millions de vues cumulées sur les plateformes de vidéo.
On y voit déjà tout ce qui fera le succès de l’humoriste dans la suite de sa carrière : la provoc’ intelligente, la chute imparable, et cette capacité à saisir l’air du temps pour mieux le tourner en dérision. Quelques années plus tard, Ferrari confirmera avec ses spectacles « V2 », « Dieu est un comic» puis « Anesthésie générale », qui remplissent les plus grandes salles de France, jusqu’à l’Accor Arena.
Alors, si vous ne connaissez pas encore ce grand moment de télévision drôle, ou si vous voulez le revoir d’un œil nostalgique, c’est par ici : la vidéo vaut mieux qu’un long discours. Préparez-vous à rire, et surtout… ne le prenez pas au premier degré, ce serait mal connaître Jérémy Ferrari !