Moratoire : La chronique de François Rollin

Il était une fois, dans un pays pas si lointain, une mode étrange : le moratoire. Un mot magique, une formule incantatoire qui permet de ne surtout rien décider, tout en ayant l’air de faire quelque chose. « On va réfléchir », « On va étudier la question », « On va consulter les parties prenantes »… Traduction : « On va attendre que tout le monde oublie. »

François Rollin, ce génie de l’absurde politique, aurait sans doute écrit une chronique hilarante sur ce sujet. Imaginez : un gouvernement qui décrète un moratoire sur… les moratoires. « Attendez, on va d’abord créer une commission pour savoir si on a le droit de ne rien faire. » C’est du Rollin pur jus.

Le moratoire, cette invention géniale

Le moratoire, c’est un peu comme un régime : on se dit qu’on va commencer lundi, mais lundi ne vient jamais. Sauf que là, au lieu de perdre du poids, on perd du temps. Et des neurones. Prenez l’exemple des OGM, du nucléaire, ou même des trottinettes électriques. À chaque fois, la même rituelle : « On lance un moratoire ! » Résultat ? Les OGM poussent toujours (souvent dans nos assiettes), le nucléaire tourne à plein régime (sauf quand il y a une panne), et les trottinettes s’entassent sur les trottoirs (en attendant un moratoire sur les moratoires de trottinettes).

Et si on allait plus loin ?

Pourquoi s’arrêter en si bon chemin ? Voici quelques idées de moratoires à lancer d’urgence :

  • Un moratoire sur les réunions inutiles : « On va réfléchir à savoir si cette réunion était vraiment nécessaire. » (Spoiler : non.)
  • Un moratoire sur les mails de relance : « On va attendre que le destinataire ait oublié qu’il devait répondre. »
  • Un moratoire sur les promesses électorales : « On va étudier la faisabilité de tenir nos engagements… après les prochaines élections. »

François Rollin, lui, aurait probablement proposé un moratoire sur l’hypocrisie. « Attendez, on va d’abord consulter les lobbies pour voir s’ils sont d’accord. »

La vraie solution : le moratoire perpétuel

Et si le moratoire était en réalité la solution ultime ? Imaginez un monde où plus personne ne prend de décision. Plus de guerres (parce qu’on n’a pas encore tranché sur le budget), plus de pollution (parce qu’on attend les résultats de la commission sur l’écologie), plus de réformes (parce qu’on est en train de réfléchir à la réforme de la réforme).

Bien sûr, il y aurait un petit problème : on finirait par mourir de faim en attendant que quelqu’un décide d’ouvrir les supermarchés. Mais bon, « on pourrait lancer un moratoire sur la faim, le temps d’étudier la question ».

Conclusion : le moratoire, c’est la vie

Alors, chers amis, la prochaine fois que quelqu’un vous propose un moratoire, souriez. C’est la preuve que la machine administrative tourne à plein régime… pour ne rien produire. Et comme disait (peut-être) François Rollin : « Le seul vrai progrès, c’est celui qu’on repousse à demain. »

Inspiré par l’esprit décalé de Mes Délireset la chronique de François Rollin. Parce que parfois, la meilleure façon de régler un problème, c’est de ne surtout pas le régler.

3 Comments

  1. lucien

    Enfin un article qui propose une solution concrète : le moratoire sur les moratoires ! Je vote pour un moratoire sur les articles qui parlent de moratoires… après une commission d’étude, bien sûr.

  2. arnaud

    François Rollin aurait adoré ce texte ! Le moratoire, c’est un peu comme le « je commence demain » des politiques : ça fait plaisir sur le moment, mais au final, on se retrouve avec des trottinettes en plein milieu du trottoir et des promesses en l’air. Quand est-ce qu’on lance le moratoire sur les moratoires ?

  3. akalie

    Trop vrai ! J’ai déjà passé une réunion entière à discuter d’un moratoire sur… les réunions inutiles. Résultat : on a décidé de se retrouver la semaine prochaine pour en reparler. Merci pour ce fou rire !

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