République des copains : Macron nomme un apprenti sorcier à la Banque de France

Le 20 mai 2026, le Parlement a validé la nomination d’Emmanuel Moulin à la tête de la Banque de France, succédant à François Villeroy de Galhau. Une décision qui confirme, une fois de plus, la République des copains chérie par Emmanuel Macron. Ce proche du président, ancien secrétaire général de l’Élysée et directeur du Trésor, incarne à lui seul les dérives d’un système où la fidélité prime sur la compétence.

Un parcours 100 % macronie

Emmanuel Moulin, 57 ans, est un pur produit de la techno-structure macroniste. Après des débuts sous Sarkozy, il a navigué entre le privé (Eurotunnel, Mediobanca) et l’État, avant de devenir un pilier du quinquennat Macron : directeur de cabinet de Bruno Le Maire, puis directeur du Trésor en 2020, avant d’être promu secrétaire général de l’Élysée en 2024. Son profil ? Celui d’un haut fonctionnaire politique, bien plus habitué aux couloirs du pouvoir qu’aux arcanes de la politique monétaire.

Pourtant, c’est lui qui prendra les rênes d’une institution censée être indépendante. Une ironie de plus dans un pays où les contre-pouvoirs s’effritent.

Une validation parlementaire controversée

La nomination a été validée de justesse : 58 voix contre, 52 pour. Malgré cette majorité relative, le système a tenu. Les Républicains, divisés mais majoritaires au Sénat, ont joué les courroies de transmission du pouvoir macroniste. Seuls le RN, LFI et le PS ont voté contre, dénonçant un recasage de plus.

Pour le Rassemblement National, c’est une « mascarade », une « dépendance politique incarnée ». Laure Lavalette (RN) a fustigé un choix « parfaitement contre-indiqué » pour la Banque de France. Même son de cloche chez les Insoumis : « Macron verrouille toutes les institutions » pour y placer ses fidèles.

La Banque de France, nouvelle proie du clientélisme

Après Richard Ferrand au Conseil constitutionnel, Amélie de Montchalin à la Cour des comptes, ou Stéphane Séjourné à la Commission européenne, la liste s’allonge. Emmanuel Moulin s’ajoute à la farandole des nominations opaque et partiale.

Pire, son passage à l’Élysée a été marqué par des choix douteux, comme la proposition de nommer Bruno Le Maire aux Armées – une idée qui avait ulcéré la droite et fait capoter le gouvernement Lecornu en 2024. Un CV qui interroge sur sa capacité à défendre les intérêts de la France plutôt que ceux du clan présidentiel.

L’indépendance en question

La Banque de France a un rôle clé : analyser la conjoncture économique, veiller à la stabilité financière. Or, avec un gouverneur issu du cercle restreint de Macron, comment garantir son impartialité ? Les oppositions y voient un conflit d’intérêts permanent, un relais du lobby bancaire au sommet de l’État.

Pour les citoyens, le message est clair : sous Macron, les postes stratégiques ne se méritent plus, ils se monnayent en loyauté. Et la République des copains, elle, tourne à plein régime.

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