Je suis un problème ambulant (et fier de l’être)
On me dit souvent : « Frédéric, t’es un peu trop. » Trop quoi ? Trop bruyant ? Trop chiant ? Trop conscient que le monde est une blague et que personne ne rit ? Oui, probablement. Je suis un problème, et je l’assume. Pas le genre de problème qui se cache sous le tapis en espérant qu’on l’oublie, non. Moi, je suis le problème qui trébuche sur le tapis, qui le soulève, et qui crie : « REGARDEZ, Y’A UN TRUC EN DESSOUS ! » avant de réaliser que c’est juste de la poussière et des miettes de biscuits.
La société adore les gens faciles. Ceux qui hochent la tête, qui sourient aux blagues pourries de leur N+1, qui font semblant de croire que le « travail d’équipe » n’est pas juste une excuse pour vous faire bosser deux fois plus. Moi, je suis l’anti-héros de cette comédie. Le mec qui pose des questions gênantes en réunion : « Mais à part nous faire perdre du temps, ce PowerPoint, il sert à quoi ? » Spoiler : la réponse est toujours « à rien », mais au moins, j’ai brisé l’illusion collective pendant 30 secondes.
Le problème, c’est les autres (et moi aussi, un peu)
Akim Omiri a raison : être problématique, c’est un sport de combat. On vous traite de râleur quand vous pointez du doigt l’absurdité d’un open-space où 50 personnes tapent sur des claviers en silence, comme si elles défusaient une bombe. « Frédéric, arrête de critiquer, sois constructif ! » Traduction : « Tais-toi et fais semblant d’aimer ça. » Désolé, mais non. Si je devais résumer ma philosophie en une phrase, ce serait : « Si t’es pas un peu énervé, c’est que t’as pas compris. »
Prenez les réseaux sociaux, par exemple. Tout le monde y joue les influenceurs heureux, les entrepreneurs #Blessed, les mecs qui postent des citations de Bouddha entre deux selfies en costard. Moi, je poste des memes sur l’absurdité de la vie de bureau et des threads sur pourquoi les réunions devraient être interdites par la Convention de Genève. Résultat ? « Frédéric, t’es trop négatif. » Non, je suis réaliste. La négativité, c’est de continuer à croire que votre boss va un jour vous donner une augmentation parce que vous avez bien travaillé.
Le problème comme art de vivre
Alors oui, je suis un problème. Mais un problème utile. Le genre de problème qui force les gens à se remettre en question, ne serait-ce que deux secondes. Parce que le vrai danger, ce n’est pas ceux qui dérangent, c’est ceux qui ne dérangent jamais. Ceux qui avalent tout, qui sourient, qui signent. Ceux qui, un jour, se réveillent à 50 ans en se demandant : « Mais putain, j’ai fait quoi de ma vie ? »
Alors je continue. À poser des questions. À refuser de jouer le jeu. À être le grain de sable dans les rouages bien huilés de l’hypocrisie ambiante. Parce qu’au fond, si personne n’était problématique, le monde serait encore plus chiant qu’il ne l’est déjà.
Enfin quelqu’un qui ose dire tout haut ce qu’on pense tout bas ! Akim, tu as raison : être problématique, c’est juste le signe qu’on a encore un peu de bon sens. Moi aussi, je suis un problème ambulant – et fier de l’être. Les réunions inutiles, les open-spaces aseptisés et les sourires forcés peuvent aller se rhabiller. Merci pour ce texte qui fait du bien, comme un bon coup de pied dans la fourmilière des conventions sociales.
Frédéric (ou Akim, je ne sais plus qui écrit ici), tu viens de décrire ma vie. Je suis le mec qui pose LA question qui tue en réunion, qui fait des blagues sur les PowerPoint inutiles, et qui se fait traiter de ‘râleur’ par les mêmes personnes qui, le soir, râlent contre leur boss au bar. Preuve que le problème, c’est surtout ceux qui ne veulent pas voir les problèmes. PS : Si un jour tu organises un club des ‘problématiques anonymes’, je m’inscris.
Frédéric (ou Akim, je ne sais plus qui écrit ici), tu viens de décrire ma vie. Je suis le mec qui pose LA question qui tue en réunion, qui fait des blagues sur les PowerPoint inutiles, et qui se fait traiter de ‘râleur’ par les mêmes personnes qui, le soir, râlent contre leur boss au bar. Preuve que le problème, c’est surtout ceux qui ne veulent pas voir les problèmes. PS : Si un jour tu organises un club des ‘problématiques anonymes’, je m’inscris.