Nettoyage de tapis, courses de billes et coloscopie : Tristan Lopin

Nettoyage de tapis, courses de billes et coloscopie : le trio gagnant de l’absurdité quotidienne

Il y a des jours où la vie vous rappelle que vous n’êtes pas là pour briller, mais pour servir de caution à l’absurdité ambiante. Prenez hier, par exemple. J’avais décidé de faire un grand ménage de printemps. Pas le genre de ménage où on passe un coup de balai en espérant que la poussière, impressionnée par votre détermination, parte d’elle-même. Non, non. J’ai sorti l’artillerie lourde : l’aspirateur, le shampoing pour tapis, et surtout, ma motivation légendaire (qui, soit dit en passant, tient environ 12 minutes, le temps de réaliser que nettoyer un tapis, c’est un peu comme essayer de laver un chat : ça grogne, ça résiste, et au final, tout le monde est mécontent).

Mon tapis, un vieux persan qui a vu défiler plus de miettes de pain que de pas de danse, avait désespérément besoin d’un coup de neuf. J’ai donc suivi les conseils d’un tuto YouTube intitulé « Comment redonner à votre tapis l’éclat de ses 20 ans » (spoiler : ça ne marche pas). Après trois heures à frotter, rincer, et maudire l’inventeur des fibres synthétiques, j’ai réalisé que mon tapis avait maintenant l’air propre, mais aussi l’odeur tenace d’un mélange de produit chimique et de désespoir. Mission accomplie, donc.

Mais l’aventure ne s’arrêtait pas là. Alors que je m’effondrais sur mon canapé (en évitant soigneusement le tapis encore humide), mon fils de 8 ans m’a lancé un défi : « Papa, on fait une course de billes ? » J’ai d’abord cru à une blague. Les courses de billes, c’est comme les dinosaures : tout le monde en parle, mais personne n’en a vraiment vu en action depuis 1998. Pourtant, me voilà, à quatre pattes sur le carrelage de la cuisine, une bille en verre dans une main, un chronomètre dans l’autre, et la dignité quelque part entre les deux. Résultat ? J’ai perdu. Contre un enfant. Qui avait triché. Mais peu importe : j’avais gagné en humilité.

Et puis, comme si le destin avait décidé de me rappeler que la journée n’était pas encore finie de me ridiculiser, mon médecin m’a envoyé un SMS pour me rappeler ma coloscopie prévue la semaine prochaine. « N’oubliez pas de suivre le régime sans résidus 48h avant ! » Traduction : « Préparez-vous à vivre deux jours comme un hamster affamé, puis à subir une procédure où un inconnu va explorer vos intestins comme s’il cherchait le Graal. » J’ai failli annuler. Puis je me suis souvenu que j’avais déjà survécu à un nettoyage de tapis et à une course de billes. Une coloscopie ? Ce serait presque une partie de plaisir.

Alors voilà. Entre les tapis qui résistent, les billes qui roulent (mais pas dans le bon sens), et les examens médicaux qui vous rappellent que vous n’êtes pas immortel, la vie est une suite de petits défis absurdes. Et si on doit en rire pour ne pas en pleurer, alors je choisis de rire. Même si c’est jaune. Même si c’est un peu forcé. Même si, au fond, je sais que mon tapis ne sera plus jamais le même.

4 Comments

  1. ariane

    Tristan, tu viens de résumer ma vie en un seul article : lutter contre un tapis qui se venge, perdre contre un enfant de 8 ans à un jeu oubliée depuis le siècle dernier, et affronter une coloscopie avec le sourire. Merci de me rappeler que l’absurdité, c’est le ciment de notre humanité… et que je ne suis pas seul à me battre contre des fibres synthétiques rebelles !

  2. lucke

    Merci pour ce moment de rire et de vérité. Entre le tapis qui sent le désespoir chimique et la course de billes (un sport sous-côté, soit dit en passant), tu as capté l’essence de ces petits riens qui nous rendent fous… mais qu’on adore raconter. Et oui, la coloscopie, c’est un peu le boss final de l’adulte responsable. Bon courage pour la tienne, et merci pour ce texte qui dédramatise tout !

  3. jacobe

    Le trio gagnant : tapis têtu, enfant tricheur, coloscopie inévitable. Tristan, tu es le roi de l’autodérision, et c’est pour ça qu’on t’aime.

  4. sfokcertopsde

    I truly appreciate this post. I have been looking all over for this! Thank goodness I found it on Bing. You’ve made my day! Thank you again!

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *