Attention, tenue de combat exigée : Titeuf revient, et comme d’habitude, il ne fait rien dans la demi-mesure. Avec « Le Bourre-cochon », le petit héros à houppette blonde nous replonge dans son univers favori mais celui des récrés qui tournent au chaos et des questions existentielles posées à 200 décibels. En clair : préparez-vous à rigoler, mais aussi à vous reconnaître, car sous la houppette, c’est nous tous à l’âge où le monde tenait dans une cour d’école.
Une houppette qui ne perd pas le nord
Créé en 1992 par le Genevois Zep, Titeuf est devenu bien plus qu’un personnage de BD : c’est un phénomène. Des millions d’albums vendus, des dessins animés diffusés partout, et un vocabulaire entré dans les cours de récréation (« Tchô ! » est-il besoin de le rappeler ?). Zep, de son vrai nom Philippe Chappuis, a construit son succès sur un ingrédient en apparence simple : l’enfance vue par un enfant, sans filtre adulte, sans morale bétonnée. Résultat : des gags qui claquent et une tendresse jamais très loin derrière la blague.
Alors, c’est quoi, ce fameux bourre-cochon ?
Le titre sonne comme une expression de cour d’école, et c’est exactement l’esprit. Ici, point de grande quête épique : on parle de ces bourrasques quotidiennes qui secouent la vie d’un garçon de huit ans et l’amour toujours inaccessible pour la belle Nadia, les moqueries de ses camarades, les adults qui « n’ont rien compris », et ces situations banales qui, vues à hauteur d’enfant, prennent des allures de tragédies burlesques. Le tout avec ce fameux mélange d’innocence et de malice qui a fait la marque de fabrique de la série depuis trente ans.
Zep y garde sa patte : un dessin vif, des dialogues mitraillette, et ce rythme de gags en une planche qui se lit d’une traite, comme on dévore un sachet de bonbons. On rit, puis on sourit différemment et ce rire un peu attendri de ceux qui se revoient, eux aussi, avoir affronté les bourrasques de la récré avec des armes de fortune : une vanne, un copain, et une houppette indestructible.
Pourquoi ça marche toujours
Le secret de Titeuf tient en une idée : l’enfance est un univers sérieux, même quand il est hilare. Zep ne se moque jamais de son héros ; il l’observe avec la même bienveillance qu’un grand frère. Chaque album, et celui-ci ne fait pas exception, joue sur cette corde sensible : le rire d’abord, la nostalgie ensuite, la poésie enfin. Dans un paysage où les héros de BD sont souvent torturés, Titeuf reste un souffle d’air pur coiffé en brosse.
Verdict
Que vous soyez fan de la première heure ou simple curieux, cet opus est une belle porte d’entrée dans l’univers du petit suisse le plus célèbre de la BD. À lire seul, à offrir, à savourer en famille et de préférence pas pendant le dîner de Noël, sous peine de voir vos enfants adopter le vocabulaire intégral du personnage.
Tchô, et bonne lecture !